Télétravail, à négocier !

Télétravail, à négocier !

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L’évolution du télétravail, c’est un peu comme celle des vaccins contre le COVID : difficile de se faire un avis car on trouve des informations très contradictoires sur le web. L’enquête du Journal du Net assure que 100% des sociétés du CAC 40 vont permettre aux salariés de continuer à télétravailler mais je sais pourtant que au moins dans un grand groupe de télécommunication, il est prévu que tout le monde revienne à 100% au bureau dès septembre.

Pour y voir plus clair, je vous propose donc de rentrer dans le détail des chiffres issus des +3.000 diagnostics déjà enregistrés par LeDIAG.

Des pratiques variables

Première constatation, nous sommes, comme lors de notre première analyse en janvier, assez loin du 100% télétravail espéré par nos dirigeants politiques afin de bloquer la pandémie. Nous sommes encore à 30% d’entités dans lesquelles le télétravail est interdit ou réduit à un jour par semaine au plus.

De façon assez surprenante la situation n’est pas meilleure lorsque l’on pose la question sur les pratiques réelles et non plus le choix stratégique de l’entité. Nous passons ainsi de 12% seulement d’entités dans lesquelles le télétravail est interdit à 23% de répondants qui ne le pratiquent jamais, soit presque un chiffre doublé entre les préconisations de l’organisation et la pratique réelle !

Evidemment ces pratiques varient en fonction du niveau hiérarchique. Les dirigeants sont plus nombreux à télétravailler et ce sont les managers qui signalent le moins de télétravail en permanence.

Nous retrouvons aussi environ un tiers de participants chez qui l’organisation du télétravail a été imposée. Heureusement ce chiffre a un peu baissé depuis janvier (nous passons de 34% à 32%) car nous allons voir qu’il existe des corrélations significatives entre les réponses à cette question et plusieurs sujets clés pour la qualité du management.

Télétravail imposé = danger

Commençons par la question portant sur la fierté de travailler dans son entreprise. Certes, les avis restent globalement positifs. Mais le pourcentage d’avis négatifs est presque 3 fois plus important lorsque l’organisation du télétravail est imposée au lieu d’être négociée.

Si l’on cherche à savoir si les relations de travail sont bonnes dans l’entité, les avis négatifs sont encore le double lorsque le télétravail est imposé.

Le même ratio se retrouve pour la question permettant de savoir si l’attitude des managers donne envie de s’investir dans son travail. Là encore les avis négatifs sont deux fois plus importants.

Une autre question du diagnostic vise à savoir si l’organisation facilite la coopération. Le profil des réponses est particulièrement tranché sur cette question. Les organisations ayant imposé l’organisation du télétravail passent même la barre des 50% avec 51% d’avis négatifs.

coopération QVT télétravail

Nous pourrions continuer cette longue liste car des différences significatives se retrouvent ainsi sur pratiquement toutes les questions du diagnostic. Un conseil important donc : quelque soit la stratégie de votre organisation, lorsqu’il sera bientôt possible de demander à ses collaborateurs de revenir au bureau, prenez le temps de négocier l’évolution des règles du télétravail. Si vous l’imposez trop brutalement vous risquez de dégrader la motivation de chaque collaborateur et la performance de l’ensemble de votre organisation.

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