Campus Innovation Managériale. Seconde édition

Campus Innovation Managériale. Seconde édition

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Pour la seconde fois l’institut de la sociodynamique proposait aux personnes passionnées par le management de participer au campus de l’Innovation Managériale à l’ESSEC, pendant toute la journée du samedi 23 novembre. Comme en 2017, il y avait de très nombreux ateliers et conférences répartis tout au long de la journée. Les notes que je partage ici pourront donc intéresser ceux qui n’étaient pas présents mais aussi ceux qui avaient choisi d’autres conférences !

La journée a commencé par un échange avec Cédric VILLANI, venu nous parler de l’IA et de la confiance dans l’entreprise. Un thème qui n’est pas sans rappeler un de nos derniers billets sur les chiffres comparant la confiance dans les robots avec celle dans les managers.

Pour Cédric VILLANI, l’Europe dispose de sérieux atouts en terme d’idées, de talents, d’experts en algorithme. Il fait d’ailleurs remarquer que parmi tous les experts qu’il cite, pratiquement aucun ne provient des USA. Par contre l’Europe est très mauvaise sur le plan économique pour construire des entreprises rentables et les faire croître rapidement. Les chiffres qu’il rappelle donnent le vertige, un rapport x1000 entre les subventions françaises et celles proposées par la Chine à ses propres champions.

Une grande partie de discours tourne autour de la confiance et de la nécessité de la construire, la préserver. La bonne IA se prépare de l’intérieur, avec les collaborateurs et les personnes directement concernées. Sinon il y a de fortes chances que l’outil ne soit finalement pas ou mal adapté aux besoins concrets. Il faut prendre le temps d’expérimenter : les vrais problèmes autour des projets IA sont humains plus que techniques.

Cédric VILLANI a une grande confiance dans l’IA puisqu’il imagine même qu’un jour les humains n’auront plus le droit de conduire une voiture eux mêmes car les risques d’accidents seraient alors trop élevés par rapport à ceux des véhicules autonomes. Par contre s’il pense que l’IA peut être un vrai danger pour les élections démocratiques, (exemple pour l’élection du président aux USA ou le choix de Brexit) en permettant d’envoyer des messages ciblés à chaque catégorie d’électeurs, il ne croit pas du tout à l’IA dans l’aide à la décision politique. Il préfère appliquer sa méthode 4 D : Diagnostic, Décloisonnement, Discussion et Décision.

Sur une question de la salle, il tient à préciser que ParcoursSup n’est pas de l’IA, juste un ensemble d’algorithmes. Pour lui ParcoursSup est un problème sans solution claire car les politiques n’ont pas pris de décision sur les conditions d’accès aux filières. Ni l’IA, ni le meilleur des algorithmes ne peuvent alors combler ce manque de courage politique.

Dans une autre table ronde Jean Pierre DESBIOLLES, le monsieur WATSON d’IBM France nous livre quelques formules claquantes :

  • l’IA c’est la fin du code,
  • il faut arrêter la mitraillette à POC,
  • l’IA va bouleverser les interfaces et le « costumer journey »…

Mais il revient aussi sur l’importance de l’humain dans les projets IA, sur la nécessité d’ouvrir les équipes à d’autres profils que les data analystes : sciences cognitives, sociologie… Sur le fait aussi que l’IA prend du temps : il ne faut pas juste deux ou trois jours lancer un apprentissage mais plutôt des semaines ou des mois.

Pascal FANTON, du groupe ALLIANZ, nous parle de l’IA qui permet à Mondial Assitance de faciliter le dépannage d’une voiture ou un rapatriement en urgence de l’autre bout du monde. On revient sur la notion de confiance et le long chemin avant de faire accepter par les opérateurs un système qui doit leur permettre de gagner du temps et d’améliorer les services rendus mais qui peut aussi être perçu comme une menace directe pour leur emploi. Pour Pascal FANTON il ne faut pas viser non plus multiplication des POC mais il faut aussi éviter de viser trop rapidement un retour sur investissement, laisser du temps au temps.

David AUTISSIER est venu nous parler des chaires de l’ESSEC et en particulier de la Chaire Innovation Managériale et Excellence Opérationnelle. Des recherches qui portent sur trois niveaux : les pratiques, les méthodes et les organisations.

La dernière conférence se rapprochait des sujets RSE : Croissance inclusive et loi Pacte, comment déployer sans dévoyer. On reparle des éléments positifs tels que la mesure de l’index d’égalité femmes/hommes (voir billet sur ce blog). Un consensus se dégage pour dire que d’éventuelles subventions ou aides financières destinées à favoriser un comportement responsable des entreprises ne seraient pas une bonne idée. Par contre il peut être opportun de réfléchir à une évolution des normes comptables pour favoriser le suivi de ces évolutions.

Une journée riche en échanges dont ces lignes ne représentent qu’une partie. Une journée pendant laquelle on a beaucoup parlé de CONFIANCE, mais aussi de DIGITAL, de TALENTS et d’AVENIR : 4 des 5 dimensions du nouveau diagnostic interactif que vous pouvez tester en suivant ce lien.

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